
discours du directeur pour la fin de l’année
Discours de fin d’année 2025-2026 du directeur du Collège Saint-Fort : un retour sur une année de transmission et d’évangélisation.
Chers abbés, chers membres du corps professoral, chers collaborateurs, chers bénévoles, chers parents d’élèves, chers élèves.
C’est dans ce genre de moment, moment d’unité et de conclusion, que ma mission m’impose de m’adresser à tous pour condenser en une prise de parole unique les dizaines de projets, d’événements, temps forts ou routine du quotiden – qui donnent une impression fragmentaire de mosaïque mais qui forment un geste unique, qui nous emporte dans un élan singulier.
Mon rôle est de permettre de percevoir l’unité de cette mosaïque. Que l’Esprit et les pouvoirs de la parole me permettent de réaliser cette gageure. Je ne tenterai donc pas d’être exhaustif, mais de faire percevoir le sens de cette année.
L’école, lieu d’Eglise
Je commencerai donc mon propos en disant que notre premier désir a été de former un lieu d’Église, une communauté chrétienne vivante. Je commence par cela, car c’est la mission première d’une école chrétienne, source à partir de laquelle tout le reste découle. Qu’est-ce qu’une communauté chrétienne vivante ? Un lieu où souffle l’Esprit, où Dieu, un et trine, est présent, près de nous, en nous, ou dans le saint des saints de notre petite chapelle : cela mystérieusement, invisiblement, mais de manière manifeste néanmoins par le culte que nous lui rendons. Un culte fait de prières, de dévotions qui sertissent notre quotidien, comme des pierres précieuses enchâssées dans un objet usuel : l’objet reste investi de la même utilité mais la beauté de ses ornements le rend précieux, donne envie d’en prendre soin. Je voudrais alors rappeler à la mémoire quelques temps importants dans notre vie : un voyage d’intégration profondément spirituel pour les sixièmes à l’abbaye S. M. de La Garde, qui a véritablement lancé une année et une scolarité en nous rappelant le sens de la méditation, de la prière, de la règle, du travail et du silence. Mais je pense aussi à la consécration au cœur immaculée de Marie le 8 décembre. et à la fête de Saint Joseph, au cœur du Carême: j’y reviendrai.
L’Esprit et le caractère.
Cet accueil de l’Esprit et l’élan qui s’ensuit ne s’exprime pas seulement dans le culte, mais aussi dans le geste quotidien – et la vie quotidienne devient à son tour un culte rendu au Seigneur (c’est ce que nous avons toujours répété aux enfants, dès lors qu’ ils nous semblaient adopter une double vie : très sérieux à la messe, et turbulents dans leur vie « profane »). Nous avons porté une attention quotidienne, persévérante, aux vertus. Vertus naturelles, telles que la générosité, la discrétion, l’obéissance, le soin du bien commun et le soin des petites choses, mais que nous avons voulues irriguées par la Charité, en la demandant comme un don – don par excellence, puisque la Charité est l’autre nom de l’Esprit Saint, la Troisième Personne, celle qui est donnée ; cela s’incarne dans le service du bien commun au quotidien, dans l’âpreté du balai quotidien : merci à tous les élèves pour leur effort d’avoir fait le ménage, tous les soirs, malgré les balais cassés, les balayettes qui disparaissent, les binômes qui oublient que c’est leur tour… cela s’est incarné aussi dans l’effort collectif, pendant le Carême, qui a servi au profit des chrétiens éprouvés de Terre Sainte, ou par l’engagement auprès des plus fragiles à Bordeaux via les maraudes. J’insisterai sur cette attention aux plus fragiles, pour en délivrer le sens aux élèves, afin qu’il n’y ait pas de malentendu : si nous avons économisé un peu d’argent pour faire une collecte de près de mille euros en faveur de nos frères chrétiens victimes des conflits du Proche Orient, ou si 15 d’entre vous se sont levés un samedi matin pour aller offrir un café à des sans-abris, ce n’est pas pour que vous arriviez à la conclusion que vous devez avoir un sentiment de supériorité à l’égard des plus fragiles, mais au contraire pour que vous compreniez que ce sont eux qui vous ont appris quelque chose, car vous en aviez besoin, besoin pour comprendre notre propre fragilité, notre propre besoin. Car le Christ lui-même est présent dans le fragile, le malade ou le pauvre, il l’a dit lui-même : ce que vous faites à un de ces petits c’est à moi que vous le faites. Je veux donc remercie notre aumônier et les prêtres intervenus cette année, pour leur présence, leur conseil et leur dévouement éducatif auprès des enfants et surtout pour leur mission sacerdotale, sanctifiante au cœur des mailles du quotidien.
L’exigence académique passe par l’écriture des programmes.
Ensuite, je voudrais remercier la communauté éducative, et également porter à la lumière – sans trahir le secret professionnel – un certain nombre de gestes, de travaux et d’intentions. D’une part un travail de fond sur le projet académique, avec la formalisation progressive de nos programmes, afin de mieux les ancrer dans notre conception réaliste (thomiste) et classique de la connaissance, pour que nos choix pédagogiques soient explicites et assumés. Un travail de fond, de longue haleine, mais capital pour enraciner nos choix académiques dans la durée, avec ce qu’ils ont de singulier, aujourd’hui, dans leur volonté d’affiliation à ce que la pensée classique a produit de meilleur dans notre histoire. Je remercie donc les professeurs pour leur engagement quotidien, et pour leur exigence pédagogique.
L’alliance éducative
Je voudrais aussi évoquer ici le travail de fond, permanent, autour de la vie scolaire : toute l’année nous avons voulu clarifier, et structurer, les procédures éducatives et disciplinaires, pour un meilleur suivi, un dialogue constructif avec les familles – avec lesquelles – je répète ce mot – une alliance éducative est passée: cela nous oblige, car nous sommes avant toutes choses au service des premiers éducateurs que sont les parents. En cela l’écoute, le respect, le temps passé, offert, au cours de nombreux entretiens sont les clés de cette alliance. D’une part : clarté des règles et des procédures, les mêmes pour tous, sans quoi il n’y a pas de justice possible ; d’autre part, rencontre et dialogue, écoute et sincérité, sans quoi il n’y a pas d’humanité possible. Je veux donc remercier ici notre responsable de vie scolaire, pour ce travail de réflexion et de mise en acte permanent que nous menons au jour le jour.
Au service de ceux qui servent
Une attention particulière est portée aux volontaires en service civique. Pour la première fois j’ai dû prendre la responsabilité d’accueillir des jeunes volontaires – et je voudrais dire ici que ce dispositif, présenté au départ comme un moyen, à moindre coût, de consolider la vie scolaire, prend l’ampleur d’une autre dimension : d’accompagnement professionnel, mais aussi personnel, mais aussi missionnaire et évangélique, de jeunes gens, venus servir, mais auprès de qui finalement nous nous mettons au service, pour que ces huit mois soient une expérience fondatrice, dans leur réflexion sur leur projet professionnel, dans leur progrès personnels, dans leur découverte d’un monde qui pour certains leur est étranger au départ. Merci à Océane, Mariata et Mickael.
Joie de transmettre et joie d’être
A présent, après la remise des prix et l’au revoir aux professeurs, le collège Saint-Fort sera heureux de vous offrir le résultats de travaux où la voix des enfants est à l’honneur, avec la finale de notre concours d’éloquence et le concert de la Maîtrise Saint-Fort nouvellement créée.
Mais en conclusion, je dirais que tout cela, mis en perspective avec mes précédentes expériences professionnelles, confirme mon intuition: l’école catholique doit assumer son héritage doctrinal, intellectuel, spirituel et artistique: c’est ce qu’il a de mieux à offrir. Cela passe par une identité explicite, affichée, affirmée. Mais ce n’est pas tout, car sans un plein développement des qualités humaines, morales, relationnelles, nous nous payons de mots. L’incarnation du projet catholique à l’école passe par un profond respect des enfants, un profond respect des familles, et un profond respect des enseignants.
Tout cela je souhaiterais vous le confier : priez pour notre collège ; portez notre collège aux familles qui pourraient être intéressées par le projet que nous incarnons ; faites un don à notre collège ou trouvez des donateurs ; et enfin, venez célébrer son existence lors de la fête des 10 ans qui aura lieu le 6 octobre 2026.
Stéphane MORASSUT
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